Le château de Pornic est créé, et la ville fut …

Le château, aux fondations millénaires, est intimement lié à Pornic.


Le premier point de défence au Xe siècle

Né d’un simple donjon édifié sur un éperon rocheux au milieu du Xe siècle, le château de Pornic, tout en élégantes tourelles et donjons racés, n’a plus rien à voir avec l’édifice rustique d’origine. Dominant l’entrée du port, il est autant un édifice remarquable inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, qu’un amer pour les marins et l’emblème de la ville. Il s’en est pourtant fallu de peu qu’il disparaisse du paysage au cours du XIXe siècle.


La place forte au XIIe siècle

Bâtie à la confluence des rivières de Haute-Perche et du Cracaud, la forteresse a longtemps eu une vocation purement défensive. À partir de 1250, l’édifice devenu un véritable château fort avec donjons, hautes murailles et pont-levis, est la résidence des seigneurs de Rais.


La forteresse de Gilles de Rais au XVe siècle

Le plus célèbre d’entre eux, le sinistre Gilles qui fut le compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, n’y a cependant pas vécu. C’est cette période glorieuse de sa vie qu’évoque la cheminée en tuffeau construite en 1897 par Clément de Bourqueney dans la salle à manger à la base de la grande tour ouest, qui est une copie de celle de la salle du château de Chinon où Jeanne d’Arc s’était présentée au roi de France.

Sauvé de la ruine en 1824


Le château à l'époque des premiers bains de mer

Jusqu’à la Révolution, le château conserve toute son intégrité de forteresse militaire mais avec une vocation plus résidentielle. Il est ensuite inoccupé et sombre peu à peu. Aux premières heures du XIXe siècle, un certain Chauvet, dit Misère, s’emploie même, sans autorisation, à le démanteler en faisant commerce de ses pierres. En 1824, lorsque Joseph Lebreton, adjoint au maire de Nantes, rachète le site pour 200 francs, il ne reste que des ruines. Il le réaménage très vite pour le mettre en location. Cet homme joue un rôle primordial pour le château mais aussi pour Pornic où il lance la mode des bains de mer dès 1831.


La nouvelle demeure restaurée en 1900

Lebreton en profite également pour araser une partie des murailles et offrir ainsi aux occupants une vue à couper le souffle sur le port. Ces premiers travaux sauvent le château qui n’aurait sans cela pas franchi le seuil du XXe siècle. Son fils et son petit-fils poursuivent son œuvre en chapeautant les diverses tours de toitures, en créant une tourelle supplémentaire, en soignant l’esthétisme de l’ensemble, en surélevant le bâtiment central d’un étage…


Gilles de Rais, Joseph Alcime Lebreton et Clément de Bourqueney

Une transmission par les femmes

En 1886, le château est cédé à des proches de la famille Lebreton, les Joubert qui habitent Angers. Il est depuis dans la même famille avec une particularité, une transmission presqu'exclusivement par les femmes et donc des habitants dont les patronymes changent à chaque génération (Joubert, Bourqueney, Mun, Vogüé).

1899, grâce à Monsieur de Bourqueney qui avait épousé Gabrielle Joubert, l’arrière-grand-père du propriétaire actuel, et à l’architecte nantais François Bougoüin, le château adopte sa physionomie néogothique actuelle que rien ni personne ne viendra plus contrarier.

Château sous protection

Le site du château est classé et, depuis 1986, la partie médiévale du château est inscrite à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques, c’est-à-dire les tours et les vestiges des courtines, et la rampe d’accès. Cette inscription est étendue en 2018 à l’ensemble des aménagements réalisés entre 1823 et 1899.